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Pour Homère, le chantre des légendes, il y avait deux sortes d’hommes : les “mangeurs de pain” et les barbares. La métaphore homérique est éloquente. Manger du pain est la marque de l’homme civilisé. De l’homme digne de ce nom. L’homme capable de moissonner le blé, de le moudre pour faire de la farine et de pétrir le pain.
La mythologie du pain s’est construite autour de ce symbole très fort de la vie et du travail des hommes. A travers le pain, les légendes célèbrent la fertilité de la terre et conjurent la terreur des famines. Le pain garde la magie des mythes antiques, des traditions terriennes profanes et religieuses. A nous de savoir les transmettre à un nouveau millénaire.
Légendes dorées
Les sanglots de désespoir de la blonde Déméter, déesse des moissons, résument la légende du blé : sa fille, Perséphone, a été enlevée par Hadès, dieu des Enfers. Folle de douleur, Déméter interdit aux semences de lever, aux feuilles de pousser, aux fruits de mûrir. La famine menace. Inquiet, Zeus, roi de l’Olympe, rend son jugement : Perséphone passera les deux tiers de l’année avec sa mère, un tiers sous terre avec son époux. Déméter, consolée, couvre de blé la plaine d’Eleusis. Les hommes y célèbreront durant des siècles les mystères de la fécondité sous le signe du blé et du pain partagé.
Déméter, la déesse-mère, personnifie la moisson de l’année qui donne naissance à de nouvelles récoltes. Perséphone incarne le blé qui germe sous terre et s’épanouit au soleil.
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